Un pont entre l'impossible et le possible

(Extrait de La naissance d'une Philosophie)



D'une forte crédulité qui aveuglait mes sens, je me fourvoyais dans une vie creuse, une fuite de soi-même. Une vie hors de soi. Impavide face à ces coups du sort vu cette dynamique de bulle où je ne vois rien. Qu'est-ce qu'aller bien si ce n'est pour ne rien voir ? Quelle est la valeur de ce bien-être si la réalité est altérée par un écran qui me fait voir tout rose. Une réalité aux antipodes de la vraie réalité.

Mais alors quand cet écran s'en va, c'est le choc. On voit tout, les branches qui cachaient la maison disparaissent, telle l'ozone protégeant la Terre des rayons du soleil. Eclipse de vaudou. Voir la vérité m'a fragilisé la cheville. Je boîte de ce savoir qui me laisse entrevoir un ailleurs qui est bien loin de ma bulle. Cet ailleurs est loin de l'ascendance que je m'imaginais. Il y a un énorme différentiel entre la vision de ma bulle et ce que je vois vraiment. Le voile est levé. Et je voudrais ne jamais avoir levé ce voile. Trop tard, c'est fait. On ne peut effacer ce grand état de veille. Le langage se dépouille de tout artifice, le roman devient documentaire et tout ce négatif que l'on voit d'un coup. En pleine face, sans avertissement avec effet de percussion, le noir de la vie me prend à la gorge et je suis happée par ce contre-appel.

Comment, dès lors, arriver à cet état de bien-être dans la bulle, ce bien-être avant la connaissance. Bien-être ouateux de l'ignorance. L'axe change, tout est différent. Je pars en expédition dans cette vision négative qui ne se monnaie pas. Une fois avoir vu, comment oublier... Comment...

Retourner dans sa bulle et faire comme si de rien n'était ? Impossible d'effacer. Une thérapie ? Oh, cela explique comment on est arrivé à cette vision négative et rien d'autre. Et on s'en fiche en fait. Ce qu'il faut, c'est savoir vivre avec.

Passé ce brevet, on fait quoi ? Se fourvoyer dans une vie ébouriffante et fluctuante des plaisirs artificiels ou oublier, s'oublier, une autre bulle celle-ci. La bulle de la dilution de soi. Se perdre pour ne pas avoir à faire face à cette vision négative. Je déplore ce choix qui bien souvent, hélas est pris. Fluctuante illusion d'avoir trouvé la solution. Mais le soir au coucher ou le matin au réveil, ce lancinant poids en soi de ne pas avoir fait ce qu'il aurait fallu faire. Moi, je propose autre chose : Pouvoir retrouver ce bien-être tout en acceptant cette vision négative, cette réalité dérangeante. Construire un pont entre deux rives, un pont entre l'impossible et le possible. Et sur le chemin du pont, du mal-être au bien-être, je passerais la saupoudreuse de la prise de conscience et du bonheur inconditionnel. J'ai cherché cette voie impossible, j'ai construit ce pont pas à pas, centimètre par centimètre. Il menaçait de s'écrouler et pourtant j'y ai cru. Et pourquoi donc ? Cette bulle...

Ma bulle de bonheur m'a sauvée et ainsi, forte de cette bulle où j'ai trouvé le véritable bonheur, je peux ainsi trouver le bien-être dans n'importe quelle circonstance. Le bonheur, le bien-être est une croyance. Etre aussi bien que dans sa bulle tout en ne l'étant pas car vraiment dans le monde.

Voir le verre à moitié plein alors qu'en fait il est vie et on le sait qu'il est vide. Et c'est possible. J'ai croisé le bonheur et je n'ai plus voulu le lâcher. Une bulle hors du temps, s'agripper au bien-être même si sous nos pieds le chaos est prêt à nous happer. La quête est arrivée à son terme. Ce pont existe grâce à la conviction que ce soit possible. Et le monde, l'univers est fondé depuis le chaos jusqu'à la beauté de la vie, de la nature. C'est faux de dire que tout est beau, tout est bien. Non, la réalité vraie n'est pas belle mais ce qui est beau c'est d'être dans le bonheur, le bien-être et la sérénité malgré cela.

Et qu'avec ce bien-être, on puisse petit à petit, pas à pas, faire en sorte que la réalité vraie avance vers quelque chose de plus beau. Il est nécessaire d'y croire. Car tout vient de là. Si on n’y croit pas, rien ne se fait. Et ne pas se réfugier dans cet écueil de penser que c'est éculé de dire "Il suffit d'y croire." Car c'est vrai, il suffit d'y croire. Mais pour cela, tous doivent y croire. Moi ce que j'ai fait, ce pont c'est juste des pistes pour que tous aient les moyens d'y croire. Avec leur fragilité, leurs défauts, leurs blocages et leur ignorance, comment arriver à ce que les hommes y croient. Croire au bonheur, au bien-être et à la sérénité. Premier point et quasiment unique point : l'Amour. Et le Pardon aussi et la Paix.

C'est faux de proposer des solutions toutes faites, des prêts à penser que l'on consomme à tout va, que l'on achète comme une paire de chaussettes. Cela ne se fait pas comme ça. Chacun doit construire son propre pont. Je suis juste celle qui dit que ce pont est possible et qu'il ne tangue pas. Il mène d'un point A à un point B. C'est faux de dire qu'il ne mène nulle part.

Un pont entre l'impossible et le possible...


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