La liberté

(Extrait de La naissance d'une Philosophie)



La liberté en ce monde ne s'obtient pas aisément. Il faut d'abord se défaire de tout un amas de liens nous retenant prisonnier. Cette pesanteur qui nous asphyxie et nous empêche de vivre. Les plus terribles prisons ne sont pas forcément les prisons physiques des barreaux en acier. Prisons de pensées, le carcan du qu'en dira-t-on, la peur d'être soi-même, la frilosité du changement, la prison féroce de l'habitude d'une vie sur des rails. Tout cela brise dans l'œuf la liberté. La liberté de chacun qui nous stimule et nous élance dans notre propre vie. Combien, au soir de leur vie se disent qu'ils sont passés à côté de leur vie, se sentent détruis par la vie qu'ils ont mené et se disent qu'ils auraient pu vivre autrement.

Pourquoi ces pensées quand c'est trop tard, quand la vie est faite, quand la mort nous attrape doucement. Il ne faut pas attendre. Il faut savoir ne pas se dévaluer et trouver l'impulsion qui nous évitera de recopier sans cesse nos erreurs. Teinter notre vie de nos envies pour qu'enfin nous osions vivre et savourer. Je ne parle pas de savourer les envies de quelqu'un d'autre, d'un autre groupe, tout ça pour suivre le mouvement. Refusons d'être le forçat de notre propre prison que l'on se met pour éviter de vivre sa vie par manque de courage. Le courage d'être soi, le courage de s'affirmer au sein d'un groupe de personnes qui ne pensent pas forcément comme nous.

Et alors ! Nous sommes chacun notre propre chef. Il serait temps de s'autonomiser et de s'affranchir de toute dictature quelle qu'elle soit. Ce poison néfaste du laisser-faire, les colonnes des empêcheurs d'être nous-mêmes tout ça parce que ça nous ne ressemble pas. Chaque être humain sait au plus profond de lui ce qui lui ressemble, ce qui lui convient.

Savoir s'intérioriser et s'écouter, écouter sa petite voix, son envie propre. Et agir et vivre selon ses idéaux. Dans cette ère de consommation, nous prenons d'autres personnes, sans réfléchir si vraiment cela nous convient. Faire quelque chose pour faire bien et non car vraiment on veut le faire... Terrible prison que cela... Nous devons être notre propre guide, trouver son propre chemin, trouver sa propre voie, belle liberté de véritablement vivre sa vie. Passons à la laverie de nos prisons qui nous détruisent. Nettoyons-nous de toutes ces mauvaises choses.

Mais attention, il ne s'agit pas de tout balancer sans savoir ce qu'il faut garder ou jeter. Il faut d'abord réfléchir, savoir quelles sont nos propres dispositions, quelles sont nos limites. Et dépasser ces limites. Quelles limites ? Limites des blocages en tout genre, les tabous, limites de son propre milieu, limites de la banalité des pensées. On n'en arrive pas là impunément, ce n'est pas un hasard. Juste que la vie proposée ne nous convient pas et nous voulons essayer autre chose. Nous ondulons sur toutes nos possibilités, payant des indemnités parfois pour avoir osé vouloir changer...

C'est parfois très mal perçu de flirter avec les limites du bien-penser, un accent de rébellion et de polémique peut réveiller des personnes en pleine léthargie. La léthargie du malheur, de la vie la tête dans le guidon, de la bête de somme qui vit pour se forcer à quelque chose qu'elle n'a pas besoin de faire.

Nous sommes en fait que des prisonniers qui ayons une porte grande ouverte, mais masochistes à vouloir rester dans cette prison. Car sinon, nous nous sentons trop vulnérables. Nous ne sommes en fait que des hommes libres vivant en pleine nostalgie de notre ancienne prison... Trop fraîchement libres sans doute... Alors nous nous voulons taillables et corvéables à merci, pensant à tort que c'est liberté que de librement se charger de poids inutiles. La prison en ligne de mire, nous faisons tout pour y retourner.

Le problème, au-devant d'une magnifique liberté, les choix s'imposent. Choix de notre vie... Et cela nous donne la frousse, peur de la liberté de choix. Tellement habitués à vivre comme des moutons, à suivre un berger, que quand nous devenons libres, quoi faire ?

Se trouver un autre berger et rester mouton ?

Ou se faire berger à diriger des moutons ?

Ni l'un ni l'autre !

Erreur de faire cela. Soyons notre propre berger !

Comportement princier de dire "Je fais ce que je veux", mais peur d'être perçu comme un être baroque. Assentiment très mitigé de l'entourage qui refuse notre changement. Ah, la race des hommes libres point à l'horizon mais ce monde actuel laisse peu de place à la liberté. La vraie liberté j'entends. Mais je sens des choses bouger.

L'actualité bouge. Renversement de deux dictateurs par la seule force du refus du peuple à être d'éternels moutons... (pour replacer cela dans son contexte, j'ai écrit ce texte en février 2011). Renversement pacifique pour une fois. Comme quoi cela est possible, et dans une région où les guerres sont faciles. Ah sacrée leçon ces deux révolutions pacifistes. Tellement habitués que nous sommes à des révolutions ensanglantées.

Pour avoir fait partie d'une famille tunisienne par mon premier mariage, je suis fière de ce qui a été fait. Et c'était nécessaire. C'est possible... Toute une nation s'est levée ensemble pour faire partir une dictature.

Et nous dans notre quotidien de nantis dans des pays occidentaux, nous ne serions pas capables de refuser toute dictature dans notre vie ?

Soyons nous-mêmes, soyons libres de vivre, libres d'être heureux.

Osons-le faire, le bonheur nous attend sur le chemin de la liberté.


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