Damnation angéologique



   
         

Nos horizons lointains nous arrivent du demain. Ce demain qui change au fur et à mesure que le présent passe. Se perdre dans l’oubli du temps nous pousse à regretter notre vie, à ne plus avoir envie. Cette damnation du retrait de soi. Quand notre propre âme rejette notre corps. Avoir perdu son âme pour cause de non assurance des demains qui chantent.

Pour que notre âme réintègre notre corps, il faut que notre corps soit à la hauteur de notre âme. Il faut une symbiose, une similitude entre l’âme et le corps.

Dans cet aujourd’hui carriériste, pétri d’envies de consommations vides, notre âme se meurt dans les complaisances de la viduité de soi. Nos âmes partent de nos corps et s’en vont polluer d’autres corps qui sont à même de faire vivre cette part d’âme déchue. La déchéance d’âme est un fait courant mais pas insurmontable. Il suffit, pour retrouver son âme de plonger en soi, d’aller vers nos propres goûts, de se sonder et d’être ce que nous sommes au fond de nous.

« Deviens celui que tu es » disait Nietzsche.

Sans cela, la damnation nous guette, nous privant du bien-être d’être soi. Nous nous changeons en un être que nous ne sommes pas. Cette perte de soi équivaut à un cataclysme sismique tant l’ampleur de ce phénomène est mauvais pour nous.

Nous nous mettons ainsi à vivre la vie d’un autre ou d’une autre. Cet autre est donc dépossédé de ses actes. Une schizophrénie générale s’ensuit et change le cours des événements. Alors soyez-vous-même !