Cette part d'ombre de soi



   
           

Arrivé à un point dans sa vie où une page blanche s'ouvre est pour ainsi dire l'avènement de la liberté d’être soi-même. Cette page blanche de notre vie nous astreint à réfléchir sur soi. Le karma positif et négatif étant liquidé, vient à nous une phase nouvelle en dehors de notre destinée primale. Si nous avons dépassé notre propre échéance mortelle initiale, alors, nous pouvons aisément voir cette page blanche qui nous arrive. Une peur peut nous étreindre à cette arrivée, mais si nous en sommes là, c’est qu’également nous avons atteint un niveau de maturité et de sagesse tel que cette liberté de pensée et d’actes ne nous fera pas tourner vers le mal.

Cette part d’ombre de soi qui nous guette et nous égare, nous rend épars et gangrène nos remparts. Il ne nous est pas habituel de parler de notre moi intérieur, pourtant nos actes et nos pensées découlent de cet intérieur de soi. Peut-on faire de la qualité de notre vie, une espérance en fatalité cyclique. Je ne puis outrepasser le secret qui verse d’un monde à un autre. Il nous égare et nous ramène à soi. Comme une vague, un reflux qui ne saurait se prévaloir d’une recrudescence de valeurs. A ceci, j’ajouterais que l’amour de soi nécessite une intransigeance de compassion envers soi-même.

Nous ne pouvons, nous défaire de nos liens intérieurs sans détruire cette citadelle du moi qui a été construite au fil des ans. Assurément, il ne nous ait pas donné instinctivement de réfléchir sur soi. La plénitude de l’instant est subordonnée à l’abandon au temps présent sans craindre le futur ni regretter le passé. Par ce mimétisme instinctif qui se reproduit sans cesse, le bonheur au temps qui passe nous absous des souffrances futures ou passées. Cultivons notre présent, ainsi la moelle de vie qui coule en nous ne cesse de nous donner joie en toutes circonstances. Et la réserve que j’émets à tout cela me dit que la vie n’est que façade. Ce qui est vrai c’est le ressenti de notre vie. L’objectivité asservie par le subjectif en nous qui nous astreint à regarder notre vie d’une manière ou d’une autre. Ce point de vue personnel ne peut s’effacer au profit d’un avis extérieur.

Notre moi intérieur nous dicte nos faits et gestes plus sûrement que nous le pensons. La liberté est donc quelque peu retranchée.

Si nous sommes guidés par ce moi, quelle est la part libre de nos actes ? Serait-ce factice donc cette croyance en une liberté libre de tout acte et de toute pensée ?

Moi, je dirais que si notre moi intérieur est sain et bien construit, alors la place réservée à notre liberté est totale et surtout, ce qui nous ait dicté est en totale concordance avec nos actes et pensées que nous voulons vraiment. En somme, changeons de moi intérieur si nous voulons changer notre vie. Ce qui conduit à cette citation très juste de Gândhî : « Commencez par changer en vous, ce que vous voulez changer autour de vous. »